Le récent redécoupage de la carte électorale du Québec par la Commission de la représentation électorale ne convient pas complètement aux élus et élues du Val-Saint-François. Ceux-ci ont fait savoir, par résolution, qu’ils préféraient que le Val soit compris dans une seule circonscription électorale.
La nouvelle carte répartit les municipalités dans deux comtés électoraux, Richmond et Daniel-Johnson, plutôt que trois auparavant.

Il s’agit d’une amélioration, convient Pierre Tétrault, préfet de la MRC du Val-Saint-François et maire de Valcourt. Celui-ci indique toutefois que les élues et élus veulent que la Commission fasse davantage, en regroupant toutes les municipalités.
«Être réuni ensemble dans un comté ferait en sorte que nous parlerions tous d’une même voix. Au niveau politique, le fait d’interpeller un seul député rendrait aussi les choses beaucoup plus simples.»
Le préfet illustre par un exemple concret. «Lorsque des organisations de notre territoire font une demande pour une aide financière, ils sont parfois obligés de demander à plusieurs députés. Ça devient très compliqué.»

Une idée du maire de Stoke, appuyée à l’unanimité
L’idée provient d’Étienne-Alexis Boucher, maire de Stoke. Celui-ci a présenté cette proposition aux maires et mairesses lors de la réunion du Conseil de la MRC en janvier dernier.
Cet ancien député péquiste de la circonscription de Johnson de 2008 à 2012 a su convaincre ses pairs du bien-fondé de ce concept. En effet, ceux-ci et celles-ci ont adopté à l’unanimité la résolution.
«La demande pour une circonscription électorale par MRC est une revendication politique forte au Québec. Visant à mieux représenter les territoires ruraux et périurbains face aux grandes villes, dans le but d’assurer l’équité des MRC face aux réalités démographiques. L’objectif souhaité est d’éviter que les MRC ne soient éclatées ou fusionnées dans de très grandes circonscriptions peu représentatives de leurs réalité», peut-on lire dans la résolution.
Envoyer «un message fort»
Étienne-Alexis Boucher affirme ne pas se faire d’illusion sur un changement à court terme. Mais il souhaite que cette idée chemine dès maintenant vers la Commission de la représentation électorale.
«Nous avons cru nécessaire d’envoyer un message fort à Élections Québec en leur demandant de tenir compte de la volonté des élus dans le cadre de la prochaine réforme de la carte électorale.»
Selon lui, ce projet serait tout à fait réalisable. «La règle d’une MRC, un comté ne pourrait pas s’appliquer partout. Il y a souvent des villes-centres qui, à elles seules, comptent plus d’électeurs que ne le permet une circonscription. Mais dans le contexte du Val-Saint-François, où il y a trois pôles [Windsor, Richmond et Valcourt], ce serait une avenue envisageable.»
De fait, un comté électoral, au Québec, compte environ 50 000 électrices et électeurs. Il pourrait donc être possible que la MRC du Val-Saint-François, qui compte environ 33 000 habitants, fasse partie, en un seul bloc, d’une circonscription.
Il donne l’exemple de son ancien comté de Johnson, devenu Daniel-Johnson avec la nouvelle carte.
«Au lieu d’aller gruger dans La Haute Yamaska. Ils auraient très bien pu imaginer une circonscription Daniel-Johnson dont le cœur serait composé de la MRC d’Acton et de la MRC du Val-Saint-François.»

Un jour, 129 circonscriptions?
La nouvelle carte électorale conserve 125 circonscriptions pour l’ensemble du Québec. On a toutefois prévu qu’un jour, il y en aura davantage. En effet, dans le cadre des rénovations du «Salon bleu» de l’Assemblée, on laisse physiquement assez de place dans la salle pour accueillir jusqu’à 129 bureaux de députés.

Contestation jusqu’en Cour suprême
Rappelons que la nouvelle carte pourrait ne pas être définitive. Le redécoupage électoral n’ayant pas non plus fait des heureux parmi la députation à Québec. Principalement en raison de la perte de poids politique de certaines régions, comme la Gaspésie. L’assemblée nationale avait ainsi adopté à l’unanimité, en 2024, une loi pour interrompre la révision de la carte.
Par la suite, la Cour d’appel avait jugé en décembre 2025 cette loi «inconstitutionnelle». Le gouvernement de François Legault avait alors demandé l’autorisation d’interjeter appel devant la Cour suprême du Canada. L’audience devant la Cour est fixée au 22 avril prochain et un jugement final est attendu au plus tard le 14 juillet prochain.
«C’était vraiment l’unanimité à l’Assemblée nationale. Cette carte-là ne faisait pas l’affaire des députés. Si on présente un nouveau projet de loi et qu’on a l’appui de tous les partis politiques, on peut l’adopter la même journée. Et introduire dans cette loi de nouveaux critères dans la façon de délimiter, à l’avenir, les circonscriptions électorales», avait expliqué André Bachand, député de Richmond, lors d’une entrevue accordée au Val-Ouest en janvier dernier.
La nouvelle carte devrait entrer en vigueur le 15 juillet prochain. Mais il est possible que le jugement de la Cour fasse en sorte que le gouvernement ait la possibilité de réviser la carte, tel qu’il le souhaite.
La version finale de la carte sera utilisée par Élections Québec pour les prochaines élections provinciales qui sont fixées au 5 octobre 2026. À moins que le gouvernement décide de déclencher des élections anticipées.
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